1948 grève des mineursDans son édition du jeudi 29 septembre 2016, La Voix du Nord souligne l'honneur retrouvé d'Émile Loriaux d’Abscon. Il est l’un des quatre mineurs grévistes de 1948 qui ont été rétablis dans leur grade de militaire réserviste par François Hollande, alors Président de la République.

lavoixdunord logo"C’est l’histoire d’un honneur rétabli mais d’un rendez-vous manqué. Conseiller municipal communiste d’Abscon depuis 1945, Émile Loriaux était délégué suppléant de la CGT à la fosse Saint-Mark à Escaudain. En 1948, c’est lui qui est allé transmettre le mot d’ordre de grève à ceux de la fosse Casimir-Perier. Pour cela, il a été emprisonné durant six semaines. Surtout, il n’a pas été réembauché et y a perdu son logement de coron. Il retravaillera chez Cail en attendant sa pension.

Émile Loriaux est décédé en 1966 à l’âge de 63 ans. Cinquante ans plus tard, son fils, également prénommé Émile, âgé de 88 ans et qui a rendez-vous ce vendredi chez son cardiologue, est trop âgé et malade pour avoir pu se déplacer à Paris mercredi 28 septembre 2016. Dans sa maison de l’impasse François-Moriamez à Escaudain, il égrène ses propres souvenirs. Au moment des événements de 1948, il effectuait son service militaire au Maroc. Son régiment est alors rentré par bateau en France, avant d’être basé à Limoges. « On nous a dit que c’était la révolution, que les communistes allaient prendre le pouvoir ! » Après, il se souvient avoir été « mis à l’index ». « On ne me l’a jamais dit, mais j’ai senti que c’était à cause de mon père. » Émile fils a lui-même travaillé chez Cail, comme chef d’équipe, et a fini sa carrière à 52 ans et demi à Usinor, où il était employé de gestion, de 1964 à 1980.

abscon emile loriaux

L’invitation au palais de l’Élysée est tombée lundi. Maryse, la fille d’Émile et de Jeannine, qui exerce le métier d’infirmière libérale à Escaudain, n’a pu avoir de train à temps pour l’honorer, mercredi. Qu’importe, l’honneur de son grand-père est rétabli. L’attestation et la médaille de la présidence de la République arriveront plus tard. La compensation financière, elle, n’arrivera plus pour maintenant. « Nous, dit Jeannine, 87 ans, ce n’est pas pour l’argent..." .

Texte La Voix du Nord. Bernard Défontaine, Publié le 29/09/2016.

Pour aller plus loin : Pendant 56 jours, du 4 octobre au 29 novembre 1948, les mineurs des bassins houillers  du Nord-Pas de Calais mais aussi de Lorraine se mettent en grève pour protester contre des décrets qui prévoyaient notamment la baisse de leur rémunération. Au terme de près de deux mois de grève, marqués par de très violents heurts avec les forces de l'ordre, près de 3 000 mineurs avaient été licenciés. Plusieurs centaines d'entre eux avaient été poursuivis en justice et condamnés, certains à des peines de prison ferme. Le Monde. 27 octobre 2014.

Les mineurs grévistes de 1948 sur le point d'être indemnisés. France Info 01 Octobre 2014

Les vies brisées des mineurs grévistes de 1948 au grand jour. Libération 24 juillet 2014.

 

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