abscon fosse saint mark A Liévin, le 27 décembre 1974, 42 mineurs sont tués lors de la plus grande catastrophe minière de l'après-guerre. Huit ans plus tôt, à la fosse Saint Mark d'Escaudain-Abscon, ce sont deux mineurs qui décèdent au fond suite à un éboulement. C'était le 23 décembre 1966. Ils s’appellent Marcel Haussin et François Matuszak.

Il est presque midi, ce vendredi 23 décembre. L'alerte est donnée à la fosse Saint Mark(1), située à Escaudain - Abscon. Un éboulement, à une profondeur de moins 1.010 mètres. C'est à l'époque la plus grande profondeur pour une fosse dans le Bassin Minier. Au fond, c'est l'enfer. Malgré l’aérage, la température demeure très élevée. Mais il faut extraire du charbon, toujours et toujours. Deux veines de charbon en dressant ont été identifiées. Elles sont séparées par un caillou c'est à dire, une couche de roches. Le tout n'est guère très large, deux mètres , deux mètres-cinquante au mieux. 

La veine supérieure est la plus étroite. Elle est jugée moins rentable que la seconde qui semble deux fois plus large.  C'est cette dernière qui est exploitée en priorité, pour un maximum de productivité.  Une erreur, une grave erreur...

Malgré l'étayage, c'est la catastrophe, l'éboulement d'une partie du caillou et de la veine de charbon supérieure. Sous les roches, deux hommes, Marcel Haussin et François Matuszak sont tués.

abscon fosse saint mark

Les sauveteurs, rapidement mobilisés, travaillent 10 heures par postes pour tenter d'atteindre leurs camarades ensevelis. L'attente est longue, insupportable. Au jour, à la porte de la fosse, les familles, les mineurs, les amis attendent. A Abscon, Escaudain, ainsi qu'à Roeulx et à Erre, la vie s'est arrêtée. Les lumières de Noël se sont éteintes. Plus les jours passent, plus l'espoir diminue. Il faudra quatre postes pendant près de dix jours pour parvenir à retrouver les corps...

Le décès de Marcel Haussin est officiellement déclarée par le Garde des Mines d'Escaudain, Raymond Joly, le 1e janvier 1967 (suite à l'éboulement du 23 décembre 1966). Il habite la Cité Gallieni, à Roeulx. Né à Lourches et marié à Céline Legrand, il est âgé de 33 ans.

On retrouve le corps de François Matuszak le 3 janvier 1967. Il habite Erre. Agé de 42 ans, il est né à Abscon et marié à Andréa Barolat.

Une foule, immense, accompagne les défunts et leurs familles lors des deux enterrements, en ce mois de janvier 1967...

Un an plus tard, le 13 juin 1968, à 20h précisément, l’activité de la fosse Saint Mark, la maudite, est définitivement arrêtée. Avec elle se termine l'épopée charbonnière dans le Denaisis qui a emportée tant d'hommes au fond...

(1) Saint Mark, avec un "k", est le nom attribué à cette fosse en 1830 par la Compagnie des Mines d'Anzin, en hommage à Mark Jennings, Agent Général de la Compagnie à partir de 1827.

Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste. Contact

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Commentaires  

#2 Giuseppina Carmina Di Vincenzo 18-01-2018 18:17
Mon père avait été blessé au fond en 1952, à la fosse st Mark. Il y a ensuite travaillé au jour .
#1 Annie Kacz 05-01-2018 10:22
oui je m'en souviens François était le petit frère de ma maman . merci pour toutes ces photos . moi j'habitais à la cité casimir perrier