wallersarenberg1Parmi les nombreuses et passionnantes caractéristiques du site minier de Wallers-Arenberg, il en est une qui mérite un temps d'explication : les sablières. En effet, le sable est l'autre élément naturel - avec le charbon - qui a été exploité à Arenberg.

Issu d'une longue histoire géologique (-360 millions d'années), le charbon est exploité à Wallers-Arenberg d'abord sur le site de Lambrecht (1879-1933), puis sur le site d'Arenberg proprement dit (1903-1989). Mais une autre ressource naturelle est également exploitée depuis le XVIIIe siècle sur le territoire de cette ville : le sable.

Ce sable est extrait depuis des carrières à ciel ouvert appelées des sablières. Il s'agit de sables d'époque Paléocène (datant de -65,5 à -55,8 millions d'années)  et dénommés, selon leur nature, sables d'ostricourt ( le landénien) et le sable blanc dit du Quesnoy.

wallersarenberg1

Une très grande sablière est mise en chantier sous l'autorité de la famille princière d'Arenberg en lisière de la foret qui leur appartient à l'époque (foret de Wallers, aujourd'hui intégrée à la foret de Wallers-Raismes-Saint Amand). Elle se trouve exactement à l’emplacement de la place Casimir Perier actuelle. L'activité cesse - à cet endroit -  en 1899, au moment où l'on procède au foncage de la fosse qui va prendre le nom de Fosse d'Arenberg.

Cette sablière est en grande partie comblée par les premiers schistes et grés extraits de la dite fosse. Il demeure une partie qui n'a pas été comblée et qui permet d'y apprecier la profondeur de la sablière. Elle se trouve juste à coté de la place. Dans cette cuvette (la partie boisée sur cette carte postale) est construite la maison de l'ingénieur-directeur de la fosse ( devenue aujourd'hui le centre socio-culturel du Bosquet).

Sur les terrains de l'ancienne sablière, sont implatés dès 1900, des logements pour les familles de mineurs, puis, à partir de 1906, l’église Sainte Barbe, le presbytère, le patronage, et naturellement la superbe salle des fêtes ( inaugurée en 1910) . Dans les années 1957-1958, d'autres logements sont bâtis ainsi qu'une pharmacie et un dispensaire, réduisant d'autant la vaste superficie de la place.

D'autres sablières, de tailles plus modestes, poursuivent leurs activités durant le XIXe siècle. Aujourd'hui, dans la carrière dite Pluchart, ce type d'extraction , toujours à ciel ouvert, existe encore.

escaudain 

Ce sable blanc et fin dit du Quesnoy et issu des sablières de Wallers-Arenberg est commercialisé dans une grande partie de l'Ostrevant. Il est notamment utilisé dans les maisons des mineurs : on le saupoudre sur les carreaux rouges qui recouvrent le sol (cette pratique se généralise à partir de 1885). Ce sable blanc est le plus souvent vendu par un marchand ambulant comme on le voit sur cette carte postale d'Escaudain. Il est ici livré dans des paniers en osiers. Mais le client principal de ce marchand ambulant, ce sont les propriétaires d'estaminets. En effet, chaque soir, la patronne jette des poignées de sables (on dit alors qu'elle "sème" le sable), et dessine, explique André Lebon "des motifs géométriques avec son balai, appelés des romarins, à la vue desquels, les premiers clients du matin étaient sensibles".  Plus prosaïquement, le fait de répandre ainsi du sable sur le carrelage répond à une double nécessité :  pourvoir ramasser plus facilement d'une part, la terre boueuse déposée par les sabots des clients, et d'autre part, les crachats - eh oui - que les fumeurs de pipe jettent, verggone,  sur le sol...

Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste. Contact.

facebook

dudzinskiSources : Le livre "Denain, histoire d'un bassin industriel". Francis Dudzinski-Ozdoba. Éditions Sutton. 

Commentaires  

#2 Christophe Druesnes 27-02-2018 07:31
Félicitations vos publications sont très instructives
#1 Francis Baeyaert 12-01-2018 14:12
Je me souviens, j'avais 2 ans, de la sablière de Sabatier à coté de Bruay- sur- l'Escaut ou je suis né.......