kub74 12007-2017. Hommage à Stéphane Kubiak. C'est le vendredi 28 décembre 2007 que Stéphane Kubiak est décédé. Retrouvez ici une vidéo du Journal télévisé de France 3 du 2 janvier 2008 (Jour de l'enterrement à l'église polonaise du Millenium, à Lens). Stéphane Kubiak et son grand orchestre ont régulièrement animé les bals à Escaudain, Lourches, Roeulx, Denain (le bal de l'Amicale de la Police) ou encore Arenberg...

 

lavoixdunord - Édition du jeudi 3 janvier 2008 : Une cérémonie digne de la légende musicale créée par Stéphane Kubiak. 

L’émotion se lisait sur les visages et émanait de toutes les conversations, hier matin, lors des funérailles de Stéphane Kubiak. Ils sont venus par centaines, à l’église du Millenium de Lens, rendre un dernier hommage à celui qui a bercé leur jeunesse. Stéphane Kubiak fédérait cet élan d’amitié et de simplicité autour de la musique polonaise. De sobriété aussi, telle cette cérémonie d’adieu souhaitée ainsi par sa famille. Le fils Hervé retraçant les passions de « papa », Christian qui joue un passage au piano, Catherine soutenant sa mère, Hélène, aussi digne dans la douleur que dans la fête… Un texte merveilleux de Francis Dudzinski-Ozdoba (1) allait plonger les fidèles de la salle lensoise du Gaity dans un tourbillon de souvenirs cadencés comme un oberek du bon vieux temps. Stéphane ne voulait pas que ses amis soient tristes en la circonstance. Il l’avait même écrit : « Ne vous attachez pas à moi à travers vos larmes, soyez heureux de toutes les années passées ensemble. » Un message posthume posé près de sa photo, là, sous une composition florale aux teintes sublimées par les vitraux.

La célébration de l’office par le père Domanski, en français et en polonais, mit en valeur les qualités de « cet homme humble, modeste et pudique malgré le grand succès de son orchestre ». Et reconnu ainsi dans toute la région, que ce soit sur scène ou dans la vie quotidienne. Cela n’empêche pas les chefs d’orchestre de musique polonaise, comme Benoît Adamiak, de considérer Stéphane Kubiak comme une légende : «  C’était un maître, car musicalement nous avons tout appris de lui. » La bannière du groupe Polonia était certes en berne. Mais les roses blanches tenues symboliquement lors de la version lyrique de l’Ave Maria et la chanson préférée du musicien, Ma mélodie d’amour, fredonnée par toute l’église, signifient que les albums de folklore polonais continueront à égayer les chaumières. En fin de cérémonie, sur le parvis les applaudissements discrets puis nourris et les « merci Stéphane », aussi étonnants que naturels, ressemblaient à une ovation de fin de bal. Mesurée, tel un mot de sympathie que l’on glisse à l’ami de toujours, du genre « Au revoir, on ne t’oubliera jamais ». • FRÉDÉRIC CAMUS

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lavoixdunord  Édition du jeudi 3 janvier 2008 : LES FUNÉRAILLES DE STÉPHANE KUBIAK Sur des airs polonais, la dernière invitation, la plus émouvante aussi. Quelle foule en l’église du Millenium… Stéphane Kubiak, qui avait l’habitude d’attirer du monde dans ses bals, n’avait jamais eu autant d’invités. Cette fois, c’était pour un émouvant adieu. Ils étaient tous là : les proches, les amis venus de la région, de Paris ou de Lorraine, les habitués de la piste de danse du Gaity, les copains de la musique, comme l’accordéoniste Michel Pruvot, et de simples admirateurs. Des personnalités aussi, Guy Delcourt, Gervais Martel, les anciens footballeurs Joachim Marx et Eugenius Faber et bien d’autres. La gorge nouée, Hervé a raconté les moments vécus avec son père : « Nos souvenirs sont autant de notes de musique gravées et que nos lèvres fredonnent. En se remémorant tous ces instants, la vie prend tout son sens. Tu nous a permis de travailler au milieu de tes passions. Tu nous as apporté tant de bonheur, de gaieté, de Gaity. » Après un morceau interprété au piano par Christian Kubiak, le père Domanski et quatre autres prêtres célébrèrent l’office dans ce Millenium dont l’inauguration a été animée en 1966 par… Stéphane. Une messe en français et en polonais, comme pour mieux marquer cette intégration réussie par la famille. Avec un sermon amenant à « l’humilité et à la pudeur de Stéphane, malgré le grand succès de l’orchestre ».

Dans cette vie musicale bien remplie, un proche de la famille Kubiak, Francis Dudzinski-Ozdoba (1), a associé Casimir, le frère de Stéphane, et Hélène, toujours à ses côtés. Avant de revenir sur la disparition de François Kmiecik, autre musicien ami et « concurrent » : « Le 27 février 2001, nous étions autour de lui, dans l’église de Dourges. Je te souhaitais de vivre Sto Lat, cent ans, comme dans la fameuse chanson d’anniversaire. Aujourd’hui, le Millenium est trop petit pour accueillir tout le monde… » Deux grands noms disparus, qui ont égayé les soirées du Familia et de l’idéal Dancing, route de Béthune à Lens. L’histoire retiendra les origines de la famille Kubiak, du côté de Poznan, avant de prendre la direction de la Ruhr. Un père mineur et coiffeur, qui partira ensuite en France. Liévin, la cité 3 ou « cité des Polonais », la chorale Cécilia dirigée par son oncle… Stéphane a vite baigné dans la musique.

Ce qu’elle lui a donné, ce professionnel exigeant l’a rendu au centuple à la population, que ce soit au Gaity – à la cité 4 de Lens – ou lors des tournées dans le bassin minier. Pas étonnant donc d’assister hier matin à cet hommage chaleureux, fort, émouvant, à l’issue duquel la musique a repris le dessus. Comme toujours ! La voix de Stéphane est réapparue sur "Ma mélodie d’amour, l’une de ses chansons préférées. En fait, grâce aux albums et à notre mémoire, elle ne disparaîtra jamais. Sous les applaudissements, Stéphane s’en est allé au milieu des compositions… florales et musicales. Hervé a dit : « Toi qui rêvais de caresser les étoiles, te voilà une étoile. » Oui, une étoile et pas une star. Car sa simplicité naturelle ne l’aurait jamais admis. •

(1) j'ai eu l'honneur de prononcer l'éloge funèbre lors de la messe d'enterrement. Francis Dudzinski-Ozdoba. 

Francis Dudzinski-Ozdoba. Historien & Journaliste. Contact.

A lire également :

dudzinski" Balade musicale dans la communauté polonaise du Nord-Pas de Calais". (Derniers exemplaires...). Un livre de Francis Dudzinski-Ozdoba. Une histoire musicale (orchestres de bals Stéphane Kubiak, François Kmiecik, disques, salles de bals, chorales, clubs de mandolines, musiciens, chanteurs, compositeurs...) des Polonais du Nord. Publié aux Éditions Scripto.

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